Dimanche 30 juin 2013 à 15h30 (Château de La Ballue, Bazouges-La-Pérouse)

Jours étranges

Dominique Bagouet

Chorégraphie : Dominique Bagouet (1990)

Reprise sous la direction artistique de Catherine Legrand et Anne-Karine Lescop

Interprètes : Leslie Degot, Alexis Hédouin, Eve Jacquet, Matéo Labrosse, Shankar Lestréhan, Sarah Montreuil, Isaac M’Vemba, Melvin Nze-Eyoune, Valentine Petitjean, Pauline Rip.

Musique : 5 chansons extraites de l’album Strange Days du groupe The Doors

Décor : Laurent Gachet, réalisation Vincent Gadras

Costumes : Laure Fonvieille

Un projet produit et accompagné par Le Triangle, cité de la danse

Durée : 45 min

Pour Jours étranges le chorégraphe, Dominique Bagouet, s'est tourné vers sa propre adolescence, cherchant à retrouver la fraîcheur dans les mouvements - par des corps moins savants que d'ordinaire pour lui - s'appuyant sur les réminiscences de la puissance de liberté procurée à cet âge de la vie par l'arrivée de la musique rock (cinq chansons de l’album Strange Days des Doors constituent la bande son du spectacle), et évoquant les émotions liées à l’adolescence. Pour la première fois, Dominique Bagouet abandonne le détail et la précision ; Jours étranges est en effet atypique dans le parcours du chorégraphe ; moins «savante» par choix revendiqué. L’écriture de Jours étranges permet à Dominique Bagouet d’exprimer son désir d’une danse de révolte : celle de l’adolescence, de Mai 68 (période où il était adolescent), celle aussi du chorégraphe qui souhaite briser les conventions.

En nous adressant à des adolescents, nous souhaitions reprendre la pièce par le cœur de sa thématique, c'est à dire l'adolescence. Comme un gant que nous retournerions pour regarder comment il est fait, nous nous posions cette question : l'écriture et le contenu de la pièce s'enrichirait-il ? Se transformerait-il au contact des jeunes, de leur histoire, de leur corps ? Nous souhaitions que ce projet permette à des jeunes venant de différentes expériences en danse de se rencontrer, et ainsi d’enrichir leur apprentissage et leur danse par la différence des regards et des gestes.L’intégralité de la pièce a été remontée « au plus près », tout en sachant que son écriture est basée sur les improvisations des danseurs. Ainsi les jeunes sont-ils passés par ces mêmes processus d'improvisation et de jeu, pour aller vers une appropriation sensible de l'écriture d'origine. La danse s'est adaptée à ces nouveaux danseurs pour une véritable interprétation. Anne-Karine Lescop et Catherine Legrand

Dominique Bagouet est élève de Rosella Hightower à Cannes dès 1965, il reçoit un enseignement classique et trouve son premier engagement chez Alfonso Cata au Ballet du Grand Théâtre de Genève en 1969, il travaille par la suite avec Béjart et Carlson. Il fonde sa propre compagnie en 1976. Jusqu’en 1979, il crée quatorze pièces, parfois dans l’urgence et pas toujours de façon satisfaisante. La ville de Montpellier qui accueille la compagnie lui donne les moyens d’exister puisqu’il est invité à mettre sur pied et à diriger le Centre chorégraphique régional de Montpellier. Il créera d’ailleurs dans cette ville le Festival International Montpellier Danse qu’il dirigera jusqu’en 1982. Dominique Bagouet va alors créer certaines des pièces les plus marquantes de la chorégraphie contemporaine française, d’Insaisies (1982) jusqu’à Necesito, pièce pour grenade (1991), ultime commande réalisée pour célébrer le 500ème anniversaire de la ville espagnole. Avec des pièces comme Déserts d’amour (1984), Le Crawl de Lucien (1985) ou Assaï (1986), Dominique Bagouet impose clairement sa personnalité. Toutes ces pièces sont marquées par un style gestuel très particulier, parfois qualifié de «néo-baroque», mais surtout très recherché et subtil.

 

Anne-Karine Lescop est formée à l'école du Centre National de Danse Contemporaine d’Angers (CNDC), elle travaille en tant que danseuse interprète et/ou assistante auprès de nombreux chorégraphes parmi lesquels : Odile Duboc, Loïc Touzé, Emmanuelle Huynh, Sylvain Prunenec, Boris Charmatz, Rachid Ouramdame. Depuis l'obtention de son Diplôme d'Etat de professeur de danse contemporaine, elle s'investit dans la formation de jeunes professionnels et la transmission de répertoire pour amateurs. Dans le cadre du Département danse de l’Université Paris VIII-Saint-Denis, elle développe un travail autour de la re-création de soli extraits de l’œuvre de Dominique Bagouet entre 2000 et 2003. Responsable pédagogique de l’école supérieure du CNDC d’Angers (2004-2006), elle se consacre à la refondation de la formation d'interprète et la création de la formation Essais sous la direction d'Emmanuelle Huynh. Depuis 2009, elle partage avec Catherine Legrand, l’atelier «Kinder» au Musée de la danse à Rennes. Parallèlement à ces recréations et adaptations, de nombreuses interventions sont organisées au sein des structures culturelles et pour la formation de formateurs (CND, CNDC, Preac Bretagne, Arts vivants en Bretagne).

 

Catherine Legrand est danseuse interprète pour  différents chorégraphes. En février 1982, lors d'une audition, elle rencontrait Dominique Bagouet, rejoignait sa compagnie et y dansait jusqu'en 1993. Depuis lors elle transmet aussi, régulièrement, des pièces de répertoire dans le mouvement de l'association les Carnets Bagouet à différentes compagnies. Elle développe des projets pour des groupes amateurs. Elle enseigne ponctuellement dans des lycées, des écoles primaires, des conservatoires (Lyon, Paris, Rennes, Saint-Brieuc, Vannes, Brest, Lorient). En partenariat avec La Passerelle de Saint Brieuc, et toujours en collaboration avec Anne-Karine Lescop, elle développe cette saison une résidence d'artiste en lycée,  autour de Jours étranges. Ce projet se décline également auprès des élèves d'une classe de théâtre à Ploermel.